9 Mars 2014
Amélie Zurcher, née en 1858 à Bollwiller, fille du propriétaire de l'usine textile de Bollwiller, est connue dans le sud de l'Alsace pour avoir été l'instigatrice de la découverte de la potasse dans le sous-sol sud-alsacien.
Propriétaire de la ferme du Lützelhof, près de Cernay, Amélie Zurcher doit chercher de nouveaux moyens pour éviter la ruine après une terrible sécheresse en 1893. L'année suivante, elle fait la connaissance de Joseph Vogt, directeur d'une fonderie. Apprenant la possibilité de faire des forages souterrains, elle se heurte cependant aux doutes de ses proches, qui ne partagent nullement son avis, elle qui pense que le sous-sol de ses propriétés recèlerait des richesses géologiques.
Pourtant, après dix années d'insistance, elle parvient à convaincre Joseph Vogt et Jean-Baptiste Grisez, spécialiste des sondages souterrains, de faire le premier sondage entre Cernay et Lutterbach. Ils espèrent alors trouver de la houille.
Le 21 mai 1904 est créée la « Société en participation pour la recherche de gisement de houille en Alsace », on recherchait notamment une éventuelle continuité des houillères de Ronchamp.
Le 11 juin 1904, le premier coup de sonde est donné. Alors que Vogt se décourage assez rapidement, Amélie Zurcher le convainc de persévérer et, finalement, c'est une analyse du laboratoire de Strasbourg qui annonce la nouvelle : le tube carottier a traversé des couches de potasse d'excellente teneur.
Après la découverte du bassin potassique, les prospections continueront jusqu’en 1910, avant que la totalité du bassin ne soit achetée par la compagnie allemande Deutche Kaliwerke.
Le 13 juin 1906 fut créée la compagnie « Gewerkschaft Amélie » qui entreprit pas moins de 150 sondages ainsi que la construction de premier puits, le 22 avril 1908, baptisé Amélie I. Six ans plus tard est créée la « Société Sainte-Thérèse » chargé d’exploiter les 28 concessions.
L'année 1918 voit la fin de la Première Guerre mondiale et la victoire de la France. L'Alsace redevient alors française et les puits allemands sont confisqués par la France. En 1924, toutes les mines reviennent à l'État Français et, dans les années qui suivirent, de nombreux immigrants polonais arrivent dans la région pour travailler dans les mines.
En mai 1936, une forte grève éclatera juste avant l'arrivée au pouvoir du Front populaire. Les mineurs luttent en raison de leurs conditions de travail et de vie pendant la crise. Les Mines Domaniales de Potasse d'Alsace (MDPA) transforment alors la région. Au cours du reste du xxe siècle, l’exploitation de la potasse continuera avec plusieurs grands puits d’extraction, tel que le puits Rodolphe.
Depuis les années 1960 déjà, l'épuisement du bassin se fait sentir et l'on songe alors à se diversifier dans d'autres secteurs d'activités afin de favoriser la reconversion des mineurs. L’exploitation sera finalement stoppée en 2004. La plupart des installations seront démantelées puis démolies mais certains bâtiments témoignant du passé subsistent. Des monuments seront édifiés pour rendre hommage aux mineurs et aux découvreurs de la potasse qui ont contribué à l’essor industriel de l’Alsace.
De 1958 à 1961, un puits de mine est creusé dans cette commune. Les bains-douches seront ajoutés en 1963. L'activité cessera en 2001. Le puits est remblayé et les bâtiments sont démolis en 2003.
De nos jours, il ne reste plus qu'une dalle en béton dans un terrain vague.
Le puits d'Alex Von Pflaum sera foncé de 1911 à 1913 jusqu'à 666 mètres de profondeur, le chevalement de 33 mètres de hauteur sera construit en 1912. L'activité cesse en 1954. Le chevalement est abattu le 18 octobre 1984 et la plupart des bâtiments attenants seront démolis la même année.
De nos jours, le bâtiment administratif, les ateliers, la machine d'extraction ainsi que la loge de garde ont été conservés.
La concession d'Ensisheim est détenue par une société privée, Kali Sainte Thérèse.
Le puits Ensisheim no 1 a été foncé en 1912 et mis en exploitation en 1920. Arrêté en 1961, le puits a été remblayé en 1989 et les installations d'extraction ont été détruites en 1999. La salle des machines du puits Ensisheim 1 est encore visible en 2011. Quatre autres bâtiments sont également conservés sur le site.
Le puits Ensisheim no 2 a été ajouté en 1912. D'une profondeur de 1 033 m, il a été le puits le plus profond du bassin. Ses installations ont été détruites en 1981. La Gendarmerie d'Ensisheim se trouve aujourd'hui sur son emplacement. Un bâtiment de la mine est encore visible et sert pour diverses entreprises.
Le puits Ensisheim no 3 a été creusé en 1929 et mis en exploitation en 1932. Fermé en 1961, le puits, profond de 713 m, a été remblayé et les installations ont été détruites en 1981. Le site ne possède plus de bâtiments.
La découverte du gisement de sel de potasse dans le sous-sol sera faite au début de xxe siècle. Arrêtées en 1954, les installations minières seront démolies et laissèrent place à une zone artisanale où des PME s'installèrent.
Pulversheim et Ungersheim
La découverte du gisement potassique et sa mise en exploitation au début du xxe siècle, a provoqué dans le village de Pulversheim, situé au centre du bassin potassique, un bouleversement total et une transformation rapide de sa structure économique, sociale et culturelle.
Le carreau du puits Rodolphe était implanté dans cette commune. Il fut exploité de 1913 à 1976 et faisait 711 mètres de profondeur.
En 1987, le site du puits Rodolphe est acquis par l’Écomusée d'Alsace et le Conseil général du Haut-Rhin. En 1994 est créée l'association "Groupe Rodolphe" afin de préserver ce site chargé d'histoire.
De nos jours, tous les bâtiments sont conservés et se trouvent dans un état de conservation acceptable, certains ont même été restaurés.
L'ouverture des mines de potasse est déterminante pour l'essor économique de la commune de Richwiller.
La mine Max s'étend sur une superficie de 1 800 hectares. Son chevalement s'est trouvé à côté de la gare de Richwiller, près de la ligne de chemin de fer Mulhouse-Bâle. Le fonçage du puits d'extraction Max commence le 10 novembre 1910. La couche inférieure de potasse est atteinte le 5 juillet 1912 à 514 mètres de profondeur. Exploité depuis l'été 1912, le puits communique souterrainement avec le puits Amélie II. Pendant sa première année de production, la mine Max extrait 7 893 tonnes de minerai au bout de 26 jours. Sa première campagne d'exploitation se termine en 1933. La seconde commence en 1942, se terminant avec l'arrêt définitif de la mine en 1952. Durant les deux campagnes d'extraction, elle a produit 2 693 153 tonnes de sel brut pour une capacité d'extraction de 550 tonnes par jour.
Grâce à la Potasse, la gare de Richwiller est devenue la première gare de marchandises d'Alsace.
De 1911 à 1913 est foncé le puits Marie Louise (du nom de la fille de Fernand Vogt). Le puits atteindra la profondeur de 643 mètres. L'exploitation cesse en 1998 et le puits est remblayé en 1999. Les installations sont détruites en 2004.
De nos jours subsistent les deux bâtiments situé à l'entrée du carreau, ainsi que le château d'eau. Les autres installations ont été entièrement démantelées. Une nouvelle zone industrielle, est en cours d'aménagement sur 52 hectares.
Sur le ban de la commune de Wittelsheim sont foncés les deux puits Joseph et Else en 1911 et 1912, à une profondeur d'environ 500 mètres. L'exploitation de la potasse sur ce carreau minier débuta en 1912, mais le déclenchement de la guerre interrompit l'activité jusqu'en 1919. Reprises par les MDPA en 1924, les installations furent modernisées et agrandies entre les deux guerres. L'exploitation de la mine Joseph-Else cessa en 1966 avec 22,2 millions de tonnes de sel brut extraites.
Dans les années 1980, le Projet StocaMine prévoyait de transformer la mine en centre de stockage de déchets de "classe 1" et "classe 0" au droit de l’ancienne mine Joseph-Else. En février 1997, l’arrêté préfectoral portant autorisation d’exploiter a été publié et les premiers colis ont été réceptionnés en février 1999, mais en 2002 suite à un incendie et une perspective de non rentabilité (avérée depuis 4 exercices) aboutit à la fermeture du site en septembre 2003, mais les déchets dangereux y sont toujours présents. Divers acteurs demandent leur retrait.
Le premier puits minier ouvert à Wittenheim en 1911, le puits Théodore fit entrer la commune dans l’ère industrielle. De 1912 à 1986, plus de 68 millions de tonnes de minerai furent extraites de ce puits. La mine Théodore ferma définitivement en 1986. Le chevalement de 65 m de haut, installé sur le site en 1958, fut longtemps le plus haut du continent. Il est le symbole de la renaissance de Wittenheim après-guerre, de l’une des plus belles pages de l’histoire de la commune. Grâce au combat mené par l’Association pour la sauvegarde du chevalement Théodore" suivie par la population, le chevalement est classé monument historique depuis le 17 août 1995.
A Wittenheim se trouve le mémorial qui liste l'ensemble des noms de plus de 800 travailleurs décédés lors d'accidents survenus dans les Mines De Potasse d'Alsace.
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