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Ma vie avec duchenne

Lautenbach, un charmant petit village

Samedi on est allé se promener, on a pris la direction de Guebwiller et on s'est retrouvé à Lautenbach, un petit village qui a une très belle collégiale du XIIe siècle. On a fait le tour à l'extérieur, on a pris quelques photos, quand on a voulu rentrer à l'intérieur de la collégiale, j'ai été bloqué par une marche, on avait repéré une deuxième porte sur le côté droit, on y est allé en espérant qu'il n'y aurait pas de marche, malheureusement la porte était fermée à clé. Pierre me dit que ce n'était pas grave, il allait voir s'il y avait quelqu'un pour ouvrir la porte, malheureusement personne n'était là. Alors on est parti explorer le village, là, là, là ! trois petits tours et puis s'en vont et nous revoilà à la maison.

 

  

              

  LAUTENBACH

L'HISTOIRE DU VILLAGE 

En 810, Beatus, abbé de Honau, près de Strasbourg, fonda à Lautenbach un couvent qui fut érigé au XIIe siècle en collégiale. Le village de Lautenbach s'est édifié ensuite autour du monastère. Les moines irlandais ont commencé à défricher la vallée sur les bords de la Lauch, puis à construire la première église sous le patronage de Saint Michel. C'est Mathias de Neuenbourg ou Neufchâtel, chanoine de cette collégiale à qui l'on doit une chronique rédigée sous le règne de l'empereur Rodolphe Ier (1273) et achevée en 1350. Cette chronique fut poursuivie entre 1350 et 1378 par Albert de Strasbourg.

La patrie de Manegold

C'est à Lautenbach qu'un célèbre théologien et philosophe connu sous le nom de Manegold de Lautenbach naquit vers approximativement 1030. Il enseigna et forma de nombreux disciples, dont le plus illustre fut Théoger de Metz (1050-1120), plus tard correcteur de manuscrits à l'abbaye d'Hirsau et évêque de Metz. Manegold se rendit dans plusieurs pays pour y enseigner la doctrine de la foi. Il fit partie d'un des plus prestigieux docteur de la foi en France au milieu du XIe siècle. On suppose que c'est à Paris que Manegold étudia les sciences qu'il prodigua à ses disciples. Il fut un des maîtres de Guillaume de Champeaux (1070-1122) et de Gérard de Loudux. Manegold qui était marié avait des filles qu'il forma à l'écriture sainte et qui plus tard enseignèrent à leur tour le savoir apprit de leur père. Sa femme elle-même était une illustre enseignante. Sa femme décédée, Manegold revint à Lautenbach dont le monastère érigé en collégiale le reçut au nombre de ses chanoines. La lettre de Ghebard de Salzbourg à Hermann de Metz sur l'excommunication de Henri IV fut très appréciée par sa pondération par Manegold de Lautenbach. En 1082, Wenrich de Trèves (en) lança contre le pape Grégoire VII une virulente diatribe dans une lettre adressée à Thierry de Verdun, à propos de la Querelle des investitures qui opposa la papauté et le Saint-Empire romain germanique entre 1075 et 1122. Cette prise de position lui vaut alors l'évêché de Verceil.

                                

Manegold prend alors la défense du pape et condamne sévèrement les agissements de cet écolâtre. Il rédige un pamphlet qu'il adresse à l'évêque Ghebard de Salzbourg dans lequel il s'élève avec force contre l'offense faite au Saint-Siège. Il réfute point par point les calomnies proférées en Allemagne par les partisans de Henri IV et démontre le bien-fondé des décrets réformateurs de Grégoire VII sur la simonie, le nicolaïsme et l'investiture laïque. Dans le même document il condamne aussi les prétentions de l'empereur Henri IV qui nomme sans le consentement de l'Église les prélats. Ces écrits lui valent de nombreux ennemis et en premier lieu celui de l'empereur qui jure de le retrouver mort ou vif. Henri IV fait mettre à sac toute la vallée de la Lauch en 1082-1083 et fait mettre le feu au monastère de Lautenbach. Manegold a juste le temps de fuir et de se réfugier dans la montagne en attendant que la colère de l'empereur s'apaise. Manegold trouvera en 1085 asile à l'abbaye de Rottenbuch qu'il connaît déjà pour y avoir été prieur. C'est là qu'en 1094 Burckard de Gueberschwihr le découvre et lui propose de prendre en main les destinées de l'abbaye de Marbach qu'il vient de fonder cinq ans auparavant. Il accepte et emmène avec lui de nombreux disciples de Rottenbuch. Il y introduit la réforme de Saint Yves, évêque de Chartres, un de ses amis. L'abbaye de Marbach, célèbre dans toute l'Europe, devint le siège des Augustins en Alsace. Manegold est l'auteur de plusieurs manuscrits : Magistri Mangaldi contra Wolfelmum Coloniensem pusculum, Réponse à Winric pour Grégoire VII; Un troisième écrit pour Grégoire VII; Manigaldi Teutonicorum doctoris glossarium super Psalterrium; Histoire universelle, ms de la bibliothèque de l'Escurial, etc. En 1098, l'empereur Henri IV apprenant que Manegold se trouve à Marbach prépare sa vengeance. Il envoie des hommes qui le font prisonnier et l'empereur le fait enfermer. Il meurt le 24 mai 1103 des suites des privations et de souffrance.

La communauté se reconstitue en chapitre de chanoines augustins

Après la destruction de la vallée par les troupes impériales de Henri IV, la communauté dispersée se reconstitua en Chapitre de chanoines augustins réguliers. La communauté entreprit la construction d'une nouvelle église collégiale vers la fin du XIe siècle. Le chapitre confie le patronage de l'église à Saint-Michel et Saint Gangolphe. Les chanoines habitent une maison canoniale, juste à côté de l'église. Selon Jean-Daniel Schoepflin, la reconstruction de la collégiale remonte au comte Werner de Habsbourg au xie siècle, qui reçut l'approbation du pape Innocent II en 1137. Il aurait été en quelque sorte le bienfaiteur. L'abbé Philippe André Grandidier place la fondation de Lautenbach en 811. Il se base sur des textes des archives du chapitre extraits d'un ouvrage où figurent les dix-huit noms des religieux venus de Honau avec l'abbé Béatus. Une charte de l'année 786, en faveur de l'abbaye de Murbach, mentionne « une terre de Saint-Michel », située à Ungersheim. Le chapitre possédait des biens dans cette localité depuis 1183. En 1212, la collégiale de Lautenbach conclut des accords avec les chapitres de Marbach et de Schwartzenthann.

                          

Les Habsbourg protecteur du chapitre collégial
Sous le règne des Habsbourg, ses avoués, le chapitre de Lautenbach connut une certaine prospérité. Cette aisance financière lui permit de construire d'autres églises, notamment dans les villages d'Ungersheim, Soultzmatt, Wintzfelden et Gundolsheim. Vers 1367, le Chapitre se porta acquéreur des biens de l'avouerie dans la commune et devint ainsi par la même occasion le seigneur temporel de la vallée qui s'étendit de la rive gauche de la Lauch jusqu'à la crête des montagnes. Une ferme dépendant du Chapitre est installé dans le hameau de Schweighouse où l'on élève et engraisse les bovins, d'où le nom du hameau, qui fait aujourd'hui partie intégrante de la commune.

Le chapitre est supprimé à la Révolution
Les chanoines furent propriétaires de la vallée de la Lauch jusqu'à la Révolution. Son territoire fut partagé entre les communes de Lautenbach et de Linthal. À cette époque, la culture était largement répandue et les habitants vivaient chichement de leur travail. Les autres biens de la collégiale furent vendus à des particuliers.

L'implantation de la première manufacture
La vallée est faiblement industrialisé au XIXe siècle. Pourtant vers 1835 un industriel anglais, Maurice De Jongh fait le pari de d'implanter une usine là où il trouve une main d'œuvre bon marché et laborieuse. À son apogée vers 1900, l'industrie textile se développe à un point tel que la population culmine à 2200 habitants. Une ligne de chemin de fer est alors construite en 1884 : elle relie Lautenbach à Guebwiller, cette dernière ville étant reliée à Bollwiller depuis les premiers travaux ferroviaires en vallée de la Lauch entre 1869 et 1870.

Mais survient la crise du textile dans les décennies qui suivent les années 1930 puis 1960, la population chute fortement et la ligne de chemin de fer est déclassée en 1991.

Le vallon de Saint-Gangolf

Ce lieu est ainsi dénommé parce qu'il se trouve près d'une source et d'une chapelle consacrées à ce saint. À l'emplacement de la chapelle a dû figurer primitivement une croix grecque, mais l'un des bras est absent et l'arcade où il devait s'ajuster forme aujourd'hui l'entrée de cet édifice rustique. Une dalle devant le maître-autel marque l'endroit où jaillit la source; de là par des conduits souterrains elle se rend à une jolie fontaine portant sur une colonne basse l'image du saint. Le 11 mai, jour de sa fête, le concours des fidèles est si grand que c'est en plein air du haut d'une chaire extérieure, qu'on leur fait entendre son panégyrique. Saint Gangolf d'Avallon était un chevalier burgonde qui vivait à Varennes près de Langres, au temps de Pépin le Bref. En passant par la Champagne pour retourner chez lui, il s'arrêta au bord d'une source dont les eaux étaient si pures et bonnes à boire. Il proposa au paysan qui en était le possesseur de la lui acheter; celui-ci rit sous cape, espérant vendre sa source et la posséder tout de même; bref Gangolf d'Avallon lui fit compter cent sous et, de retour à Varennes, raconta son achat à sa femme qui rit à son tour et qui d'ailleurs le trompait avec un clerc. Gangolf planta ensuite son bâton dans le voisinage de sa demeure; le lendemain, manquant d'eau pour se laver, il ordonna à un de ses domestiques de retirer le bâton et d'apporter l'eau qui coulerait dessous. Le domestique obéit et recueillit l'eau de source qui n'était autre que celle du paysan. Gangolf cependant se sépara de sa femme et se retira dans sa propriété d'Avau, à deux lieues au nord de Varennes, mais le clerc son rival vint le trouver et l'assassina.

        

               Saint Gangolf d'Avallon                               Chapelle Saint-Gangolphe à Schweighouse, commune de Lautenbach

Ses deux tantes, Willetrude et Willegise firent rapporter son corps à Varennes. Les Acta sanctorum (tome II, p. 642) ne placent aucune mention de leur récit en Alsace ; cette province n'est désignée que dans la légende orale recueillie par M. Ingold et insérée par M. Stoeber dans l'Alsatia de 1864. D'après cette légende, lorsque Gangolf eut découvert l'infidélité de sa femme, il fit refluer la source dans son bâton et voyagea par monts et par vaux jusqu'à ce qu'il arriva sur une prairie couverte de plantes aromatiques et entourée de vertes forêts, dans le pays d'Alsace. Là il laissa couler la source et se bâtit une cellule bientôt visitée par de nombreux pèlerins.

Monastère Saint-Michel de Lautenbach

En 840, Beatus, abbé de Honau, fonda à Lautenbach un couvent, qui fut érigé en collégiale à partir du xiie siècle. Mathias de Neuenbourg, chanoine de cette collégiale, rédigea une chronique qui commence sous le règne de l'empereur Rodolphe Ier du Saint-Empire (1273) et finit à l'année 1350. De 1350 à 1378, la chronique continua sous Albert de Strasbourg. Daniel Schoepflin affirme que la fondation du monastère Saint-Michel est une création du comte Werner de Habsbourg au xie siècle. Il se base sur une lettre du pape Innocent II de 1137. Il pourrait en réalité n'être qu'un bienfaiteur ou le reconstructeur.

Une charte en faveur de l'abbaye de Murbach mentionne « une terre de Saint-Michel » située à Ungersheim. Le chapitre de Lautenbach possédait des biens dans cette localité depuis 1183.

Lieux et monuments
Collégiale Saint-Michel et Saint-Gangolphe de Lautenbach

Date du XIIe siècle. Classée monument historique, son porche est un chef œuvre de l'art roman. Contient en sus de nombreuses œuvres d'art religieux de diverses époques (stalles, verrières et Vierge du XVe siècle), un remarquable mobilier baroque, dont une chaire sculptée du xviiie siècle.

C'est à partir du début du xiie siècle que fut construite l'église canoniale occupée par des chanoines augustins qui fut entourée de maisons de l'époque qui témoignent du rayonnement de "l'insigne chapitre collégiale Saint-Michel" et saint Gangolphe, seigneur de la vallée de Lautenbach.

                              

L'église de Lautenbach est un édifice d'architecture romane de l'époque ottonienne construite à partir d'une basilique à trois nefs et d'un vaste chœur carré. Le côté ouest abritait le porche ou narthex de style roman et les restes d'un beau cloître de la dernière époque du style ogival. Le porche est surmonté d'une chapelle supérieure consacrée à saint Michel, autrefois voûtée qui donnait sur la nef. L'église est dotée d'un clocher qui date de 1862 qui remplace celle du xve siècle qui occupait la tour centrale gothique. La duchesse de Bade, une parente de Napoléon III y a apporté son aide financière dont l'aigle figurant sur la Tour (fortification) rappelle l'inauguration. Le carillon installé sur le clocher date de 1924. Les murs de l'église, sur le bas côté, sont très anciens et pourraient dater du XIe siècle. Ce sont les anciens vestiges de l'église primitive dont on trouve encore des sculptures d'époque et au sud, un linteau roman. Dans la nef se trouve une cloche de 1671 du fondeur J. Rodt de Bâle. L'intérieur de l'église a subi depuis des transformations. On y admire encore de beaux vitraux. La chaire possède de belles sculptures; elle est une des plus intéressantes d'Alsace. On y voit le bon pasteur et les quatre Évangélistes, dominés par un saint Michel pesant les âmes debout sur l'abat-voix. C'est un des chefs-d'œuvre de l'art allemand du xviie siècle. Une chapelle gothique que l'on voit encore sur le cimetière, formait le chœur de l'ancienne église paroissiale.

                             

      Sarcophages romans découverts lors des fouilles aux pieds du chœur de l'église et exposés dans le jardinet qui se trouve à l'extérieur

Le porche ou Narthex

C'est la partie la plus remarquable de l'église romane. Il date du XIIe siècle et tire sa réputation des formes élaborées et des proportions harmonieuses de l'ensemble. À gauche du porche on remarque des frises qui illustrent le péché de l'adultère et à droite l'homme en proie aux passions. À l'angle sud-ouest du porche on trouve des personnages qui attendent le jugement réservés aux pêcheurs. Le tympan, martelé à la Révolution comportait un Christ dans une mandorle entouré des saints patrons de l'église : saint Michel et saint Gangolphe (martyre de la fidélité conjugale). Le porche est surmonté d'une chapelle supérieure dédiée à saint Michel.

Le clocher
Il date de 1865, et remplace la lourde tour centrale gothique du xve siècle. Les aigles du couronnement rappellent l'aide qu'a apportée une parente de Napoléon III. Le carillon date de 1924.

Le transept

Sur son bras sud on aperçoit encore les vestiges d'une abside démolie au cours du xviiie siècle. Dans le jardinet qui le remplace sont exposés des sarcophages romans découverts lors des fouilles aux pieds du chœur. On y distingue sur l'une des dalles mortuaires la gargouille à bonnet juif. Au nord l'abside a cédé la place à une sacristie du XIIIe siècle, rectangulaire à voûtes d'arêtes surmontée de la chapelle dite « des archives ».

Le chœur
À chevet plat et de style gothique, ses frises tréflés et ses hautes fenêtres à lancettes, datent également du XIIIe siècle.

Les murs des bas côtés
Il s'agit de la partie la plus intéressante de l'église (fin du XIe siècle). On y trouve des pierres sculptées d'entrelacs: ce sont des remplois de l'église primitive, tout comme, au sud, un linteau roman d'interprétation malaisée.

                              

Restauration de la collégiale
La collégiale a subi au cours de son histoire plusieurs campagnes de restauration dont la plus récente entre 1989 et 2001 pour redorer les décors datant du XVIIe siècle. La restauration précédente en 1931 avait rendu à la nef ses colonnes et ses arcades romanes, recouvertes de stuc au cours du XVIIIe siècle pour les harmoniser avec le mobilier baroque.

Monuments funéraires dans le transept

Plusieurs tombes sont situées dans le transept droite. On reconnaît notamment les dalles funéraires du chanoine Meisterzheim, curé réfractaire de la paroisse sous la Révolution, décédé en 1801. Au sol on remarque les dalles funéraires des chanoines du XVe au XVIIIe siècle. À gauche dans le transept il y a la dalle mortuaire du prévôt A.I. Muller (1684-1750), à côté de l'autel de Saint Wendelin, patron des bergers et bouviers avec un bas relief du xve siècle. Un peu plus loin se trouve l'autel de la déposition daté de 1726 avec les statues de Saint Pierre à gauche et Saint Paul à droite, Saint Jean Népomucène (martyr de la confession) en médaillon, puis un peu plus loin un reliquaire du XVIIe siècle. Dans transept gauche, on trouve l'autel du rosaire édifié en 1718, la statue de Catherine d'Alexandrie à gauche, sainte Barbe à droite autour de la Vierge en médaillon. En continuant on remarque l'autel du précieux sang de 1719. Plus loin se trouve la pierre tombale du chanoine Rechburger dont le décès remonte à 1513.

                                       

Tilleul de Lautenbach
Devant la collégiale, on peut admirer les fameux tilleuls de Lautenbach dont l'un aurait été planté lors de la révolution française de 1848 !

 

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Emilie 19/05/2015 16:56

Encore un bâtiment pas aux normes, et pourtant une rampe en bois ne doit pas couter des millions. Malgré tout ce village à l'air très charmant et très zen. J'aime beaucoup ce genre de village.